Sur l'aluminium, le facteur d'émission du kWh commande le résultat. Sur l'acier, c'est le taux de ferraille dans la charge. Appliquer à l'un la méthode de l'autre fait manquer l'assiette.
Acier et aluminium : les émissions se logent-elles au même endroit ?
Non, et c'est ce qui rend ces deux filières impossibles à traiter ensemble : leurs émissions ne se logent pas au même endroit. Toutes deux figurent pourtant dans les six familles de produits couvertes par le MACF.
Pour l'acier, l'essentiel se joue dans le procédé et la matière. Pour l'aluminium, dans l'électricité. Un exportateur qui applique à l'un la méthode de l'autre passe à côté de son assiette.
L'acier : la charge décide
La distinction fondamentale porte sur la filière de production.
La filière intégrée, qui part du minerai, mobilise du coke et libère du CO2 par réduction chimique. L'intensité carbone y est structurellement élevée, et les leviers sont industriels, donc lourds.
La filière électrique, qui refond de la ferraille, déplace l'essentiel de l'empreinte vers l'électricité consommée. À mix électrique donné, elle est nettement moins intensive.
Pour un dossier MACF, la conséquence est directe : le taux de ferraille dans la charge doit être documenté par période, pas affirmé en moyenne annuelle. C'est la première chose qu'un vérificateur cherchera à recouper avec les achats de matière.
L'aluminium : tout se joue sur le kWh
L'aluminium primaire est produit par électrolyse, un procédé dont la consommation électrique est telle que le facteur d'émission appliqué au kWh commande le résultat final.
Deux producteurs aux procédés identiques, alimentés par des mix électriques différents, affichent des empreintes qui n'ont rien à voir. C'est précisément ce que le MACF cherche à capter.
Pour un opérateur marocain, cela crée une opportunité concrète. Le pays a investi dans le solaire, l'éolien et l'hydroélectricité. Un producteur capable de documenter l'électricité qu'il consomme réellement, plutôt que de se voir appliquer une moyenne, a un avantage chiffrable à faire valoir.
Encore faut-il pouvoir le prouver. Un contrat d'approvisionnement spécifique, une part renouvelable contractualisée, une autoconsommation : tout cela se déclare, mais rien ne se présume.
La transformation, souvent oubliée
Beaucoup d'exportateurs marocains ne produisent pas le métal primaire : ils transforment un demi-produit importé.
Dans ce cas, l'essentiel des émissions incorporées arrive déjà avec la matière. Le calcul dépend alors d'une donnée que vous ne maîtrisez pas : l'empreinte du produit amont, à obtenir de votre propre fournisseur.
C'est le point de blocage le plus fréquent de ces filières. Il se traite en amont, dans les contrats d'achat, pas au moment de répondre à l'importateur européen.
Ce qu'il faut mettre en place
- Identifier votre position exacte dans la chaîne : production primaire, refonte, ou transformation d'un demi-produit importé.
- Documenter la charge, taux de ferraille pour l'acier, origine du métal pour l'aluminium.
- Tracer l'électricité consommée, avec son facteur réel et sa version, marocain en priorité.
- Obtenir l'empreinte amont de vos fournisseurs de matière, par écrit.
- Rattacher le tout au code marchandise déclaré en douane, seule maille reconnue par le mécanisme.
L'échéance
Les émissions déclarées par vos importateurs au 30 septembre 2027 sont celles des expéditions de 2026. La collecte porte donc sur l'exercice en cours, et la donnée amont de vos fournisseurs se demande maintenant.
SustainCarbon descend au niveau produit, sépare la matière de l'énergie et conserve la traçabilité que demandera le vérificateur accrédité.