Le carbone arrive par le cahier des charges, avec des délais de quelques semaines adossés à une revue de contrat. La filière récompense ceux qui ont mesuré avant la sollicitation.
L'aéronautique marocaine est-elle concernée par le MACF ?
Non. Ni l'aérostructure ni le câblage ne figurent parmi les six familles couvertes par le MACF. L'aéronautique marocaine s'est construite autour de quelques grands donneurs d'ordre européens et de leurs rangs de sous-traitance : c'est une filière d'exportation, technique, et entièrement hors du périmètre du mécanisme.
La demande carbone y arrive donc par la chaîne de valeur, et elle arrive avec un niveau d'exigence supérieur à la moyenne. Les acheteurs de ce secteur ont l'habitude des exigences documentaires : qualification, traçabilité, audits. Le carbone s'ajoute à une culture de la preuve déjà installée.
Quels postes pèsent chez un sous-traitant aéronautique ?
Les matériaux. Alliages d'aluminium, titane, composites. L'empreinte arrive avec la matière, achetée le plus souvent à l'étranger. C'est généralement le premier poste, et il dépend d'une donnée fournisseur.
Les procédés. Usinage, traitement de surface, contrôle non destructif. Consommations électriques soutenues et régulières, faciles à mesurer, souvent déjà suivies pour des raisons de coût.
Les chutes. Le taux de copeaux, très élevé sur certaines pièces usinées dans la masse, signifie qu'une part importante de la matière achetée, et de son empreinte, ne part jamais chez le client. La façon dont ces chutes sont valorisées change le résultat.
La logistique. Flux tendus, parfois aériens, sur des volumes faibles et des valeurs élevées. Le mode de transport pèse ici plus que dans la plupart des filières.
La question du rang
Un sous-traitant de rang 2 ou 3 reçoit la demande de son rang 1, qui l'a reçue du constructeur. À chaque étage, la demande se précise et le délai se raccourcit.
L'erreur classique consiste à attendre la sollicitation. Quand elle arrive, elle vient avec une échéance de quelques semaines, souvent adossée à une revue de contrat. Reconstituer un exercice complet dans ce délai est rarement possible.
La filière récompense donc ceux qui ont mesuré avant qu'on leur demande, exactement comme elle récompense ceux qui sont qualifiés avant l'appel d'offres.
Ce que change la CSRD resserrée
L'Omnibus adopté le 18 mars 2026 a relevé les seuils de la CSRD à 1 000 salariés et 450 millions d'euros de chiffre d'affaires net, écartant environ 80 % des entreprises européennes du champ direct.
Pour l'aéronautique, cela ne change presque rien. Les donneurs d'ordre du secteur restent très au-dessus de ces seuils. La pression sur la chaîne de sous-traitance se maintient, et elle se concentre même sur les acteurs les plus structurés, donc les plus méthodiques dans leurs demandes.
Ce qu'il faut avoir prêt
- L'empreinte de la matière achetée, obtenue par écrit du fournisseur.
- Les consommations de procédé affectées par atelier ou par ligne.
- Le taux de chute et le sort réservé aux copeaux.
- Une empreinte par référence, puisque c'est la maille du contrat.
- Une méthode figée, reproductible à chaque revue annuelle.
SustainCarbon structure la donnée au niveau de la référence produit et conserve la traçabilité que la filière exige déjà sur tous ses autres sujets.