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Secteur · 2026

Agroalimentaire exportateur : l'amont agricole fait l'empreinte

Par l'équipe SustainCarbon

La filière n'est pas assujettie au MACF, mais ses clients européens posent les questions au moment du référencement. Et l'essentiel des émissions se trouve chez vos fournisseurs, pas dans votre usine.

L'agroalimentaire est-il concerné par le MACF ?

L'agroalimentaire marocain n'est pas concerné par le Mécanisme d'Ajustement Carbone aux Frontières : les six familles couvertes sont l'acier, l'aluminium, le ciment, les engrais azotés, l'hydrogène et l'électricité.

Cela ne signifie pas que la filière échappe à la demande carbone. Elle y est exposée par un autre canal, plus diffus et souvent plus exigeant : ses clients. Distributeurs européens, centrales d'achat, marques. Ce sont eux qui posent les questions, et ils les posent au moment du référencement.

Où se trouvent réellement les émissions ?

Dans l'amont agricole, pas dans l'usine. C'est la surprise que réserve la cartographie d'une filière agroalimentaire à ceux qui commencent par mesurer leur site de transformation.

L'amont agricole domine. Engrais azotés, mécanisation, irrigation, changement d'usage des sols. Sur la plupart des produits, ce poste dépasse largement la transformation. Or il se situe chez vos fournisseurs, pas chez vous.

Le froid pèse lourd. Chaîne du froid, entreposage frigorifique, transport réfrigéré, et surtout les fuites de fluides frigorigènes, dont le pouvoir de réchauffement est très supérieur à celui du CO2. C'est un poste sous-estimé parce qu'il ne se lit sur aucune facture d'énergie.

L'emballage arrive ensuite, avec un effet de levier direct : c'est souvent le poste sur lequel une action produit un résultat visible en un exercice.

Le transport vers l'Europe compte, mais rarement autant que ne le croient les équipes. Le mode compte plus que la distance.

Le piège du périmètre

Une entreprise qui mesure son site de conditionnement, ses consommations d'énergie et ses expéditions produit un bilan honnête, et largement incomplet.

Si l'amont agricole représente la majorité de l'empreinte et qu'il est absent du calcul, le résultat ne répond pas à la question que pose le client européen. Ce dernier cherche l'empreinte du produit, de la parcelle à sa plateforme.

C'est la raison pour laquelle la collecte fournisseurs, souvent repoussée, est en réalité le cœur du sujet dans cette filière.

Ce que demande un donneur d'ordre européen

Les questionnaires convergent vers quatre exigences :

  1. Une empreinte par référence produit, pas une moyenne d'entreprise.
  2. Une méthode identifiable, généralement alignée sur le GHG Protocol.
  3. La source des facteurs d'émission, en particulier sur l'agricole et le froid.
  4. Une capacité de mise à jour annuelle, parce que le référencement se rejoue chaque année.

Ce qui change avec la fiscalité nationale

Depuis le 1er janvier 2026, la taxe carbone marocaine est en vigueur, avec une montée en charge annoncée sur dix ans, et l'IMANOR a été désigné pour valider les bilans carbone.

Pour un exportateur agroalimentaire, cela produit un effet utile : le bilan carbone construit pour répondre aux clients européens sert aussi au dispositif national. À condition d'avoir été bâti avec une méthode documentée et des facteurs traçables, et non assemblé dans l'urgence d'un questionnaire.

SustainCarbon structure la collecte amont, traite les fluides frigorigènes comme un poste à part entière et conserve la traçabilité attendue par un auditeur comme par un donneur d'ordre.

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