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Méthode · 2026

Autoproduction solaire et Scope 2 : comment la compter dans un bilan

Par l'équipe SustainCarbon

Ce qui compte n'est pas ce que produisent vos panneaux, mais ce que vous autoconsommez. Ce que la loi 82-21 a changé, et les compteurs à prévoir.

Comment compter l'autoproduction solaire dans un bilan carbone ?

L'électricité solaire que vous produisez et consommez sur place ne s'achète pas : elle sort donc du Scope 2, qui ne couvre que l'énergie achetée. Le résultat est mécanique : chaque kilowattheure autoconsommé remplace un kilowattheure du réseau et retire ses émissions du bilan. La production solaire elle-même n'émet rien à l'usage, elle n'entre donc pas non plus dans le Scope 1.

C'est l'un des rares leviers dont l'effet sur un bilan est à la fois immédiat, mesurable et incontestable.

Ce que la loi 82-21 a changé

Publiée au Bulletin officiel en février 2023, la loi 82-21 a réformé le cadre de l'autoproduction d'électricité au Maroc. Elle généralise l'activité à tous les niveaux de tension et à toutes les sources, avec une attention particulière au renouvelable.

Le régime applicable dépend de la puissance installée : au-delà de 100 kW et jusqu'à 1 MW, un accord de raccordement est requis pour vérifier la compatibilité avec le réseau ; au-delà de 1 MW, une autorisation de l'autorité de régulation est nécessaire. L'injection du surplus sur le réseau public est possible, dans une limite fixée à 20 % de la production annuelle.

Pour le bilan carbone, ces seuils n'ont pas d'effet direct sur le calcul, mais ils déterminent votre schéma de raccordement, donc la manière dont vos flux d'énergie sont comptés.

Quels compteurs mettre en place, et pourquoi

Grandeur mesurée Usage dans le bilan
Production solaire totale contrôle de cohérence, suivi de performance
Énergie injectée sur le réseau à retrancher de la production pour obtenir l'autoconsommation
Énergie soutirée du réseau c'est elle qui porte les émissions du Scope 2

Sans ces trois mesures, vous ne pouvez pas prouver votre gain. La tentation est de déduire l'autoconsommation d'une estimation de rendement : c'est suffisant pour un ordre de grandeur, insuffisant devant un vérificateur.

Le cas de la production hors site

La loi ouvre aussi la possibilité de produire ailleurs que sur le lieu de consommation, l'électricité transitant alors par le réseau. Ce cas se traite différemment : l'énergie vous parvient par le réseau, elle relève donc de l'énergie achetée, et sa comptabilisation repose sur le contrat et les garanties associées.

La distinction est importante et souvent mal comprise. Sur site, le gain est physique et se lit au compteur. Hors site, le gain est contractuel et doit être documenté par les instruments prévus au contrat. Dans les deux cas, il est réel, mais il ne se démontre pas de la même façon.

Quel gain attendre sur un bilan ?

Cela dépend entièrement de la part de votre consommation couverte. Un site industriel dont l'activité est diurne et régulière autoconsomme une part élevée de sa production ; un site qui tourne la nuit en autoconsomme peu, quel que soit le nombre de panneaux installés.

C'est pourquoi un bilan carbone bien conduit précède utilement la décision d'investir : il indique le poids réel de l'électricité dans vos émissions, et donc ce que l'installation peut réellement faire baisser. Les dispositifs d'appui à l'investissement demandent d'ailleurs ce chiffrage. Voir financer sa décarbonation au Maroc.

Les erreurs à éviter

Compter la production, pas l'autoconsommation. C'est l'erreur la plus fréquente, et elle surestime le gain.

Oublier le surplus injecté. Il ne réduit pas vos émissions : il sort de votre périmètre.

Changer de méthode entre deux exercices. Si l'année de référence a été calculée sans installation solaire, la baisse observée doit être expliquée par l'installation, pas par un changement de règle.

Négliger la traçabilité. Les relevés de compteurs doivent être conservés au même titre que les factures d'énergie. Voir quelles données extraire de vos factures.

Questions fréquentes

L'autoproduction réduit-elle le coût MACF d'un produit exporté ?

Oui, si l'électricité entre dans les émissions intégrées de ce produit. Pour le ciment et les engrais notamment, les émissions liées à l'électricité sont prises en compte. Voir CBAM Maroc, étape par étape.

Faut-il des garanties d'origine ?

Pour l'autoconsommation sur site, non : le gain est physique. Pour une fourniture hors site ou un contrat vert, les instruments contractuels deviennent la preuve.

Comment traiter la première année, si l'installation démarre en cours d'exercice ?

Au prorata réel des relevés, mois par mois. Ne lissez pas sur l'année : la comparaison avec l'exercice suivant deviendrait fausse.

Un groupe électrogène de secours change-t-il le calcul ?

Oui, mais dans l'autre sens : il brûle du carburant, ses émissions relèvent du Scope 1, et elles sont à compter séparément de l'électricité achetée.

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