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Méthode · 2026

Factures d'énergie au Maroc : quelles données extraire pour un bilan carbone

Par l'équipe SustainCarbon

Trois informations suffisent pour l'électricité. Comment traiter les périodes à cheval, les carburants, et le poste que tout le monde oublie.

Quelles données extraire de vos factures d'énergie pour un bilan carbone ?

Trois informations suffisent pour la partie électricité : la consommation en kilowattheures, la période exacte couverte par la facture, et l'identifiant du point de livraison. Tout le reste, montants, taxes, pénalités de dépassement, n'entre pas dans le calcul des émissions. L'erreur classique consiste à raisonner en dirhams plutôt qu'en kilowattheures.

Cette distinction est le premier réflexe à acquérir : le carbone se calcule sur des quantités physiques, la comptabilité sur des montants.

Électricité : ce qu'il faut relever, facture par facture

Donnée Pourquoi elle compte
Consommation en kWh c'est la seule base du calcul des émissions
Période couverte (du, au) pour rattacher la consommation au bon exercice
Point de livraison ou numéro de compteur pour consolider par site sans doublon
Niveau de tension il conditionne la structure tarifaire et parfois la lecture
Répartition horaire, si elle figure utile pour le pilotage, pas pour le calcul de base

Selon la ville, votre fournisseur est l'ONEE ou un distributeur délégué comme Lydec, Redal ou Amendis. Les factures ne présentent pas les mêmes rubriques ni la même mise en page, mais les trois informations essentielles y figurent toujours. Prévoyez une correspondance entre vos sites et vos points de livraison : c'est ce document, et non les factures elles-mêmes, qui fait gagner du temps l'année suivante.

Comment gérer les périodes qui ne collent pas à l'exercice ?

C'est le cas le plus fréquent : une facture couvre une période à cheval sur deux exercices. Deux méthodes sont acceptables, à condition de s'y tenir.

La règle du prorata consiste à répartir la consommation au nombre de jours dans chaque exercice. Elle est la plus juste et la plus simple à défendre.

La règle de la date de fin rattache toute la facture à l'exercice où elle se termine. Elle est moins précise mais acceptable si elle est appliquée à toutes les factures, tous les ans. Ce qui n'est pas acceptable, c'est de changer de règle d'une année sur l'autre : la comparaison entre exercices perd alors tout sens.

Carburants : le poste le plus souvent mal saisi

Pour la flotte, la donnée utile est le volume en litres, par type de carburant. Les cartes carburant fournissent généralement un relevé mensuel exploitable. À défaut, les montants dépensés permettent une estimation, mais la variation du prix à la pompe introduit un biais qui rend la comparaison entre années peu fiable.

Attention à deux confusions courantes. Le gasoil des groupes électrogènes n'est pas celui de la flotte, il relève d'un autre usage et parfois d'un autre site. Et les carburants payés par les salariés puis remboursés en note de frais échappent souvent au relevé : il faut les chercher dans la comptabilité.

Gaz, vapeur et froid

Pour le gaz, relevez les quantités en unités physiques, kilogrammes ou mètres cubes selon le contrat, et notez le type de gaz. Pour la vapeur ou le froid achetés à un tiers, la donnée est la quantité livrée, et il faut demander au fournisseur son facteur d'émission : à défaut, l'estimation restera grossière.

Les fluides frigorigènes forment un cas à part. Ils ne figurent sur aucune facture d'énergie : ce sont les rapports d'intervention du prestataire de maintenance qui indiquent les quantités rechargées et le type de fluide. C'est le poste le plus fréquemment oublié, et il peut peser lourd dans l'agroalimentaire, la grande distribution et l'hôtellerie.

Comment organiser la collecte pour ne pas la refaire chaque année ?

Trois gestes suffisent, et ils font gagner des semaines au deuxième exercice.

Centraliser les factures dans un dossier unique par exercice, dès leur réception, plutôt que de les rechercher a posteriori. Demander au fournisseur un accès à l'historique de consommation, souvent disponible en ligne, qui évite de ressaisir. Et tenir la table de correspondance entre sites, compteurs et contrats à jour, en y notant les changements de compteur, qui sont la première cause de trous inexpliqués.

Questions fréquentes

Faut-il les factures ou le relevé annuel suffit-il ?

Un relevé annuel consolidé par point de livraison suffit, s'il indique les périodes. Les factures restent nécessaires en cas de vérification, comme pièces justificatives.

Que faire des sites en location, charges comprises ?

Demandez au bailleur une quote-part chiffrée, ou à défaut une estimation basée sur la surface occupée, en documentant la méthode. C'est un cas fréquent en bureaux et en commerce.

Quel facteur d'émission appliquer à l'électricité ?

Celui du mix électrique national, dont la valeur dépend de la source et de l'année. Voir le mix électrique marocain et quelle base de facteurs utiliser.

Et si je produis une partie de mon électricité ?

L'électricité autoproduite ne s'achète pas, elle sort donc du calcul de l'électricité achetée. Voir autoproduction solaire et Scope 2.

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