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Secteur · 2026

Engrais et phosphates : le premier secteur marocain assujetti au MACF

Par l'équipe SustainCarbon

Les engrais concentrent l'essentiel de l'exposition marocaine au MACF. Où se trouvent réellement les émissions, et pourquoi la valeur par défaut européenne dessert un producteur performant.

Pourquoi les engrais sont-ils le secteur marocain le plus exposé ?

Le MACF couvre six familles de produits : acier, aluminium, ciment, engrais azotés, hydrogène et électricité. Rapporté aux flux réels, cela représente environ 3,7 % des exportations marocaines vers l'Union européenne, et cette part se concentre très majoritairement sur les engrais, le ciment venant loin derrière.

Autrement dit : la filière des engrais est, de loin, la plus exposée du pays au mécanisme. C'est aussi celle qui a le plus à gagner à documenter son empreinte, parce que son intensité carbone se compare directement à celle de ses concurrents mondiaux.

Où se trouvent réellement les émissions ?

Pour un exportateur d'engrais, la cartographie utile suit la chaîne de transformation :

L'amont chimique. La synthèse de l'ammoniac est le poste dominant d'un engrais azoté. Le procédé consomme de l'énergie et libère du CO2. C'est là que se décide l'essentiel de l'intensité carbone du produit fini.

L'énergie de procédé. Vapeur, électricité, combustibles. Le facteur d'émission de l'électricité consommée pèse directement sur le résultat, ce qui rend le choix du facteur déterminant.

Les intrants achetés. Acide, roche, additifs. Chaque intrant porte une empreinte amont qu'il faut soit obtenir du fournisseur, soit estimer avec une méthode documentée.

Le conditionnement et la logistique interne, marginaux en comparaison, mais souvent les seuls réellement mesurés parce que ce sont les plus faciles à compter.

Pourquoi la moyenne sectorielle vous dessert

Un producteur qui ne fournit pas de données vérifiées se voit appliquer la valeur par défaut européenne. Cette valeur est construite pour ne pas avantager les producteurs peu performants : elle est donc pénalisante par construction.

Le Maroc a investi dans le solaire, l'éolien et l'hydroélectricité, et prépare le terrain de l'hydrogène. Un producteur dont le mix énergétique est meilleur que la moyenne mondiale a un intérêt direct, et chiffrable, à le démontrer plutôt qu'à se voir attribuer une valeur générique.

C'est le renversement à comprendre : la mesure carbone n'est pas seulement une contrainte de conformité, c'est le seul moyen de faire reconnaître un avantage industriel réel.

Ce qu'il faut mettre en place

  1. Un périmètre par produit et par ligne, pas un bilan d'entreprise agrégé.
  2. Des compteurs affectés aux procédés dominants, ou à défaut une clé de répartition documentée et stable.
  3. Les facteurs marocains en priorité, notamment sur l'électricité, avec la source et la version conservées.
  4. La donnée amont des intrants, demandée aux fournisseurs avant qu'elle ne soit exigée par le vérificateur.
  5. Une méthode figée par écrit, reproductible d'un exercice à l'autre.

L'échéance réelle

Les émissions qui seront déclarées par vos importateurs au 30 septembre 2027 sont celles des expéditions de 2026. La collecte concerne donc l'exercice en cours, pas un exercice futur.

SustainCarbon structure cette collecte au niveau produit, conserve la traçabilité attendue par un vérificateur et sort un format transmissible à l'importateur européen.

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