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Secteur · 2026

Offshoring et services : où se trouve vraiment l'empreinte ?

Par l'équipe SustainCarbon

Un centre de services n'a ni four ni flotte, et n'est pas concerné par le MACF. Son empreinte se loge dans l'électricité, les déplacements et le parc informatique, et ses clients européens la demandent.

L'offshoring marocain est-il concerné par le carbone ?

Oui, mais par un canal que peu d'acteurs anticipent. Un centre de services, un BPO ou une société d'ingénierie n'émet presque rien directement : ni four, ni flotte lourde, ni procédé industriel. Le MACF ne le concerne pas, aucun de ses services ne figure parmi les six familles couvertes.

La demande vient d'ailleurs : des clients européens, dont la plupart sont des groupes soumis à des obligations de reporting, et pour qui vos prestations sont une ligne de leur propre Scope 3.

Où se trouvent réellement les émissions ?

L'électricité, de loin le premier poste. Bureaux, climatisation, serveurs et postes de travail. Le facteur d'émission du kWh marocain pèse ici directement sur le résultat, et c'est le poste sur lequel une action produit un effet mesurable dès l'exercice suivant.

Les déplacements. Domicile-travail d'abord, souvent sous-estimé parce qu'il n'est pas payé par l'entreprise, mais qui appartient au Scope 3. Puis les voyages d'affaires vers les clients européens, dont l'empreinte unitaire est élevée.

Le parc informatique. L'empreinte d'un ordinateur portable se joue surtout à sa fabrication, pas à son usage. La durée de conservation du matériel est donc un levier plus puissant que la consommation elle-même.

L'hébergement des données, quand il est externalisé. Le lieu et le mix électrique du centre de données comptent, et cette information se demande au prestataire.

Que demande un client européen à un prestataire de services ?

Les questionnaires convergent vers trois éléments :

  1. Une empreinte par unité de service ou par équivalent temps plein, plutôt qu'un total d'entreprise, parce que le client doit affecter une part à son propre périmètre.
  2. Une méthode identifiable, généralement alignée sur le GHG Protocol.
  3. La source des facteurs d'émission, en particulier sur l'électricité, puisque c'est le poste dominant.

Ce dernier point est celui qui distingue une réponse crédible d'un fichier envoyé pour clore la demande.

La taxe carbone change-t-elle quelque chose pour les services ?

Elle change le statut du bilan. Depuis le 1er janvier 2026, la taxe carbone marocaine est en vigueur, avec une montée en charge annoncée sur dix ans, et l'IMANOR a été désigné pour valider les bilans carbone.

Un prestataire de services n'a pas d'émissions de procédé, mais il a une consommation électrique et un bilan à produire. Ce bilan cesse d'être un document commercial destiné aux clients pour devenir un document opposable.

Ce qu'il faut mettre en place

  1. Relever la consommation électrique par site, avec les factures comme preuve.
  2. Enquêter une fois par an sur les déplacements domicile-travail, avec une méthode stable d'une année sur l'autre.
  3. Inventorier le parc informatique et sa durée de vie réelle.
  4. Demander à l'hébergeur le mix électrique de ses centres de données.
  5. Rapporter le résultat à une unité utile pour le client, service rendu ou équivalent temps plein.

SustainCarbon structure ces postes, conserve la source de chaque facteur et sort un format transmissible à un donneur d'ordre européen.

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